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Le mieux est l'ennemi du bien

Tags : développement personnel, optimisation, performance, philosophie, réflexion

Cette expression bien connue m'a été endoctrinée lors de la conception de la plaquette des élèves. Certains participants ont fini par être agacés par le perfectionnisme que je vouais à cet ouvrage, m'arrêtant sur toujours plus de détails, et remettant en question des parties entières du travail accompli, alors même que le temps manquait déjà. Il est vrai qu'objectivement, la composition était alors très correcte, et qu'en me concentrant sur des points de détails, je risquais de ne pas pouvoir finir ce qui était à finir. Cette situation s'est reproduite dans de nombreux travaux, à la suite desquels j'eus cette petite pensée en regard du temps que j'aurais pu ne pas passer à mieux faire.

Le mieux est l'ennemi du bien peut tout aussi bien être prêché auprès de ceux qui ne se sentent jamais comblés par leur vie, et qui ont l'air de chercher toujours plus, par le changement : changement de travail, changement de voiture, de loisirs, de conjoint, de tout... En quelques sortes, ceux qui n'arrivent pas à percevoir la valeur de ce qu'ils ont déjà, ou qui ont tout l'air de la sous-estimer.

De manière plus générale, on pourrait penser que cette expression s'oppose aux progrès. Pourquoi mieux faire alors que l'existant est suffisant ? On voit déjà se profiler dans cette question une rampe de lancement vers la décroissance. Mais la réponse est simple et bloque immédiatement le discours : s'il nous est possible d'avoir mieux alors nous l'aurons, s'il nous est possible de progresser alors nous progresserons. Le domaine médical se prête parfaitement à l'exemple : ce n'est pas parce qu'on a trouvé un début de solution pour soigner un cancer, que l'on arrêtera les recherches. Les médicaments actuels sont déjà biens, mais ils sont améliorables, et nous pourrions les rendre plus efficaces, plus rapides, ou limiter les effets secondaires...

Tout ceci décale le problème sur le mot possible, car il est toujours possible de mieux faire. Nous avons alors une difficulté à quantifier, car le nombre d'états entre le bien actuel et le mieux potentiel est infini. Notre problème s'exprime donc maintenant par les questions suivantes : quel meilleur état désirons-nous atteindre ? Quel prix devrons-nous payer pour l'atteindre ? Et enfin, gagnera-t-on finalement plus à payer le prix pour avoir le meilleur, plutôt que de se contenter de l'acquis, déjà bien, et en fait suffisant ?

Gardons ces questions à l'esprit lorsque nous nous apprêtons au changement. Il faut toujours être conscient du meilleur, mais pas forcément le privilégier aveuglément ni à tout prix. Finalement, tout est question de limites, car le meilleur n'est pas le meilleur pour chacun : il revient à chacun de se fixer ses propres limites de manière rationnelle et, en quelques sortes, s'en satisfaire.

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Commentaires

#1 - Par xkmpqs

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